Louer la voiture d’un voisin ou d’un inconnu à quelques rues de chez soi n’a plus rien d’exotique. Les coûts de possession grimpent, les trajets ponctuels se multiplient, et beaucoup de ménages s’interrogent sur l’utilité d’un second véhicule qui dort onze jours sur douze au garage. La location de voiture entre particuliers répond à cette équation : un propriétaire rentabilise un véhicule sous-utilisé, un conducteur obtient un modèle précis, à deux pas de chez lui, souvent à un tarif inférieur à celui d’une agence. Le paysage a pourtant bougé. Des rachats ont redistribué les cartes, des marques ont disparu, d’autres ont changé d’actionnaire. Les questions qui comptent restent très concrètes. Quelle formule choisir pour une heure, un week-end ou une semaine de vacances ? Quelle somme restera à votre charge en cas de pépin ? Comment éviter la dispute pour une rayure que personne n’a vue ? Ce guide remet les choses à plat, avec des repères vérifiables, des exemples chiffrés et une méthode simple pour louer sans mauvaise surprise, que vous soyez au volant ou propriétaire.
En bref
- Aucune plateforme n’est la meilleure en tout : le choix dépend de la durée, de la franchise supportable et de la tolérance au litige.
- Le marché français s’organise autour de deux acteurs principaux, l’un orienté location courte et urbaine, l’autre séjours et choix de modèles.
- Une marque très connue a disparu comme service indépendant après un rachat en 2022 : méfiance envers les anciens avis et tarifs.
- L’assurance est incluse, mais la franchise varie fortement selon la protection retenue.
- Le vrai danger n’est pas l’accident, c’est le litige : des photos datées à l’aller et au retour font la différence.
- Côté propriétaire, la commission pèse lourd sur le revenu net, sans oublier l’usure, l’entretien et la fiscalité.
- La location « sans intermédiaire » expose à un vide d’assurance et à l’absence de médiation.
Getaround, Turo et OuiCar : ce qui a changé et comment choisir sa plateforme
Avant de comparer les tarifs, il faut savoir qui se cache derrière chaque application. En location de voiture en France, deux noms dominent : Getaround et Turo. Le premier a repris le français Drivy en 2019. En février 2025, sa maison mère américaine a cessé ses activités aux États-Unis pour se concentrer sur l’Europe. Le 5 mai 2026, la branche européenne a été rachetée par le danois GoMore, l’ensemble revendiquant environ 5 millions d’utilisateurs dans 11 pays. Côté utilisateur, le nom et l’application restent en place. Reste à surveiller d’éventuels changements de conditions dans les mois à venir, comme après toute fusion.
Turo, né aux États-Unis, a pris pied en France en rachetant OuiCar en juin 2022. À l’époque, la plateforme française revendiquait environ 30 000 véhicules. Aujourd’hui, le service s’affiche sous la mention « Turo (ex-OuiCar) ». Quiconque tape « OuiCar location voiture » atterrit donc chez Turo. Les avis, les prix et les conditions publiés sous l’ancien nom datent d’avant le rachat : ils ne doivent pas guider une décision en 2026.
Deux philosophies pour deux usages
Prenons Camille, qui habite en périphérie lyonnaise et doit récupérer un meuble à l’autre bout de la ville un samedi matin. Il lui faut une voiture trois heures, pas plus. Getaround colle à ce besoin : offre dense dans les grandes villes, réservation à l’heure ou à la journée, et ouverture au smartphone quand le propriétaire a installé le boîtier. Plus d’attente, plus de remise de clés.
Changeons de scénario. Camille prépare un week-end à quatre en montagne, avec bagages et skis. Turo prend alors l’avantage : choix plus large (utilitaires, modèles récents, véhicules haut de gamme), remise des clés ou accès selon l’annonce, et plusieurs niveaux de protection au choix. Pour s’y retrouver, les astuces pour louer une voiture sur Turo donnent de bons réflexes avant de réserver.
Un conseil de garagiste : ouvrez les deux applications pour le même créneau. Le même modèle, dans la même ville, peut varier de plusieurs euros par jour. Cinq minutes de comparaison valent mieux qu’un week-end gâché.

Les commissions et les petites plateformes
Les comparatifs situent la commission de Getaround autour de 30 % côté propriétaire. Celle de Turo est souvent citée entre 10 et 20 %. Ces chiffres évoluent régulièrement : un coup d’œil au centre d’aide avant de publier une annonce évite les mauvaises surprises.
D’autres acteurs occupent des niches. Roadstr séduit les amateurs de voitures de caractère, sportives ou de collection. GoMore, déjà actif en Europe, progresse aussi en France. Moins de véhicules, mais parfois la perle recherchée pour un mariage ou un road trip. Quelle que soit la plateforme, la règle reste la même : le meilleur véhicule est celui qui correspond à l’usage, pas celui qui brille sur la fiche technique.
Une fois la plateforme choisie, reste la question qui fâche : combien cela coûte-t-il vraiment, et que se passe-t-il quand quelque chose tourne mal ?
Prix, assurance location de voiture et litiges : les points à verrouiller avant de réserver
La presse a relayé des écarts allant jusqu’à 30 % en faveur des particuliers par rapport aux agences. Dans les faits, tout dépend de la ville, de la saison et du modèle. L’avantage est plus net sur les citadines que sur les utilitaires ou les voitures haut de gamme. Pour une voiture à louer entre particuliers, le prix affiché n’est qu’un point de départ. Un loueur traditionnel peut sembler moins cher à l’écran, puis grimper avec les options. Seul compte le prix final, juste avant le paiement.
Exemple simple : une citadine à 45 € par jour pour trois jours donne 135 € de base. Il faut y ajouter les frais de service, la protection choisie, le kilométrage au-delà du forfait et la règle de restitution du carburant. Un plein oublié se facture souvent plus cher qu’à la pompe. Pour un modèle électrique, la règle de recharge à la restitution mérite la même vigilance.
Franchise, exclusions et caution : le trio à lire en entier
Sur Getaround comme sur Turo, une assurance est incluse dans la location. Votre contrat personnel n’intervient pas : c’est celui de la plateforme qui couvre la voiture. L’assurance location de voiture se juge sur trois points.
- La franchise : la somme restant à votre charge en cas de sinistre. Chez Getaround, les comparatifs la situent entre 150 et 800 euros selon la protection. Si 800 euros vous feraient mal, la protection la plus haute, même plus chère, s’impose.
- Les exclusions : le cas typique est le dommage non déclaré ou déclaré hors délai. Mieux vaut les repérer avant de partir.
- La caution : elle bloque une somme sur la carte bancaire. Sur une carte à plafond bas, la réservation peut échouer.
Pour se repérer parmi les contrats, ce comparatif entre assurance en ligne et assurance traditionnelle aide à comprendre comment se construisent garanties et franchises.
Le litige : le risque dont personne ne parle
Le principal danger n’est pas l’accident mais la discussion qui suit : rayure contestée, frais de retard, carburant. Forums et médias regorgent de témoignages de locataires facturés plusieurs centaines d’euros pour des dommages qu’ils contestent. Certains dossiers tournent à l’avantage du locataire, d’autres non. La qualité des preuves tranche. Comme en atelier, un défaut non noté au départ finit toujours par être discuté.
La routine qui protège tient en cinq gestes :
- Photographier tout au départ : les quatre faces, les jantes, le pare-brise, le tableau de bord avec kilométrage et niveau de carburant.
- Noter chaque défaut dans l’état des lieux de l’application, même minuscule.
- Refaire les photos au retour, au même endroit, avec l’horodatage visible.
- Déclarer tout incident immédiatement dans l’appli, puis garder les échanges écrits.
- Contester par écrit et dans les délais si une facture arrive, puis saisir si besoin un médiateur de la consommation, procédure gratuite pour le consommateur.
En cas de blocage, le service client de la plateforme est le premier interlocuteur, par écrit. Les signalements peuvent aussi passer par SignalConso, auprès de la DGCCRF. Avec des photos datées, le rapport de force s’équilibre. Sans elles, on plaide à armes inégales. Et si vous êtes de l’autre côté du volant, propriétaire plutôt que locataire, les règles du jeu changent.
Louer sa propre voiture ou passer par une annonce directe : rentabilité et pièges à éviter
Pour un propriétaire, le revenu dépend de deux paramètres : le taux d’occupation et la commission. Prenons un exemple purement illustratif. Une voiture louée 50 € par jour pendant trois jours rapporte 150 €. Avec une commission de 30 %, il reste environ 105 € au propriétaire. Il faut encore retirer l’usure, l’entretien, le nettoyage, le carburant éventuel et la dépréciation du véhicule. Un embrayage fatigué, des pneus à remplacer plus vite, des freins sollicités par des conducteurs différents : la mécanique n’oublie rien.
Deux obligations à ne pas négliger. D’abord, prévenir son assureur que le véhicule est loué entre particuliers. Ensuite, se renseigner sur la fiscalité : les gains peuvent relever de l’impôt sur le revenu, et service-public.fr détaille les règles applicables. Quant à la rentabilité globale, le contexte du marché compte aussi. L’explosion du marché des voitures d’occasion influence la valeur d’un véhicule à l’achat comme à la revente, donc sa dépréciation.
La location sans intermédiaire : le piège de l’assurance
Quand un voisin prête sa voiture contre rémunération, c’est juridiquement une location. L’assurance du propriétaire n’est pas toujours conçue pour cela. En cas de sinistre, le locataire peut se retrouver sans couverture, ou face à un assureur qui conteste. Un cas typique : un automobiliste « dépanne » un ami contre 40 € par jour, accroche un poteau, et son assureur refuse de prendre en charge. Sans contrat ni plateforme, l’affaire se règle à l’amiable, aux frais du propriétaire.
Qui voudrait payer des centaines d’euros de réparation pour avoir rendu service ? Passer par ce circuit suppose un contrat écrit, un état des lieux avec photos et une confirmation écrite de l’assureur du propriétaire. Les petites annonces ne bénéficient ni de la même assurance ni de la même médiation que les plateformes.
Choisir selon son profil
Pour trancher, quelques critères concrets suffisent. En dessous de 24 heures, Getaround est souvent plus pratique ; au-delà, on compare le prix final. Certaines annonces exigent un minimum d’années de permis : mieux vaut le vérifier avant de réserver pour éviter un refus à la remise. La note du propriétaire compte beaucoup : un profil riche en avis positifs réduit nettement le risque de désaccord. Enfin, l’accès sans clé évite l’attente, mais l’état des lieux repose alors entièrement sur vos photos.
Pour les propriétaires, publier sur les deux plateformes en parallèle offre plus de visibilité, avec des commissions différentes. Parmi les meilleures plateformes de location, la bonne est celle qui colle à votre véhicule, à votre disponibilité et à votre tolérance au risque. Le reste, c’est de la préparation.
Quel est le meilleur site de location de voiture entre particuliers ?
Getaround et Turo sont les deux références en France. Getaround convient aux locations courtes et urbaines, Turo aux week-ends et séjours avec un choix plus large. Comparez le prix final et la franchise pour le même créneau avant de décider.
OuiCar existe-t-il encore ?
Pas comme service indépendant. Turo a racheté OuiCar en juin 2022 et le service est aujourd’hui présenté sous le nom Turo (ex-OuiCar). Les avis et tarifs publiés sous l’ancien nom datent d’avant le rachat.
Mon assurance personnelle couvre-t-elle une voiture louée entre particuliers ?
Non, c’est l’assurance de la plateforme qui couvre la voiture pendant la location. Vérifiez la franchise et les exclusions avant de payer. Si vous louez votre propre voiture, informez votre assureur.
Que faire en cas de dommage contesté ?
Rassemblez vos photos de départ et de retour, contestez par écrit auprès de la plateforme, puis saisissez un médiateur de la consommation si nécessaire. Les photos horodatées sont déterminantes.

